VOLKSWAGEN: QUAND LE SECTEUR AUTOMOBILE EUROPÉEN SE HEURTE À UN MUR

7 septembre 2026

VOLKSWAGEN: QUAND LE SECTEUR AUTOMOBILE EUROPÉEN SE HEURTE À UN MUR

Par Kevin Thozet, membre du comité d’investissement chez Carmignac

Le secteur automobile européen est au pied du mur. Les valeurs du secteur ont reculé de plus de 20% en un semestre, tandis que Volkswagen a traversé ses principaux supports techniques et s’échange désormais sous ses plus bas du « Dieselgate ». Le groupe vient en parallèle tout juste d’approuver 50 000 suppressions de postes.

Le problème vient avant tout de la Chine, où se combinent trois forces très défavorables pour les constructeurs européens : surcapacités, guerre des prix et montée en puissance des exportations.

Le marché automobile chinois est en recul d’environ 20% depuis le début de l’année, alors que plus d’une centaine de constructeurs continuent de se disputer les mêmes clients. Cela ne peut pas durer éternellement. À terme, le secteur devrait se concentrer autour d’une petite dizaine de champions nationaux. Mais avant la consolidation, viendra l’écoulement des stocks. Les exportations chinoises devraient passer d’environ 7 millions de véhicules en 2025 à plus de 10 millions en 2026. BYD vend déjà à lui seul près de 35 000 voitures par mois en Europe.

Et les nouveaux entrants ne viennent pas faire de la figuration. Des marques comme Jaecoo arrivent avec des écarts de prix pouvant atteindre 35% face aux modèles européens comparables. La Chine ne gagne donc pas seulement des parts de marché, elle exporte aussi sa guerre des prix.

Le problème, c’est que l’Europe n’avait pas vraiment besoin d’aide en termes de surcapacités. Volkswagen est particulièrement exposé : coûts fixes élevés, restructuration lente et outils industriels encore largement dimensionnés pour une première génération de véhicules électriques dont la demande domestique s’est essoufflée.

La réponse est à la (dé)mesure du problème : 50 000 suppressions de postes, avec des scénarios qui en évoquent jusqu’au double, ainsi que plusieurs fermetures potentielles de sites en Allemagne.

Et Volkswagen n’est que la partie la plus visible du problème. La production automobile européenne est passée d’environ 22 millions de véhicules en 2017 à près de 16 millions aujourd’hui. Certaines estimations la voient tomber en deçà de10 millions au cours des cinq à dix prochaines années.

La Chine produit trop. L’Europe a trop de capacités.

Retrouvez l’ensemble de nos article Business

Recommandé pour vous

A la Une
Perspectives des matières premières : Le témoin ne tombe jamais, mais celui qui le...
Par Mobeen Tahir, Director, Macroeconomic Research & Tactical Solutions, Wis…
A la Une
Cryptomonnaies : un rebond avec de nouvelles règles du jeu
Par Ha Duong, directeur des stratégies cryptomonnaies chez BIT Capital Au deuxiè…
A la Une
Muzinich & Co. Weekly Update: Attention à la hausse des taux
Alors que le mois d’août touche à sa fin, nous entrons dans la période de l’été …
A la Une
Le financement de l’aviation : une nouvelle trajectoire pour le crédit privé
Photo: Tom Light ©  Muzinich & Co Par Tom Light, gestionnaire de portef…
A la Une
Parler sans prédire – Jackson Hole, août 2026
Par Kevin Thozet, membre du comité d’investissement chez Carmignac Le président …
A la Une
Temps et prévisibilité : comment les placements à rendement défini s’intègrent dans une stratégie...
Par Jack Roberts, Fund Manager, WisdomTree Le temps figure parmi les instruments…