Vieillir en entreprise reste encore compliqué pour les femmes

20 novembre 2022

Vieillir en entreprise reste encore compliqué pour les femmes

Il s’agit d’un sujet encore tabou en Occident. En France par exemple, près de 50% des femmes ne travaillent plus après 55 ans. Dans cet article, nous tentons de comprendre comment bien vieillir au sein d’une entreprise pour les femmes dans un monde où l’âge est mieux accepté parmi les hommes et qui favorise le renouvellement des talents en valorisant l’énergie des nouvelles générations.

Le taux d’emploi des femmes « âgées » en entreprise : des chiffres alarmants

Selon un rapport récent délivré par le CSEP (Conseil Supérieur de l’Égalité Professionnelle entre les femmes et les hommes), le pourcentage des femmes âgées entre 55 et 64 ans qui travaillent encore demeure largement inférieur à celui de leurs homologues masculins du même âge. Les chiffres sont en effet sans appel : 51,8% pour les femmes contre 56% pour les hommes. Ce rapport met également en lumière le fait que si cet écart ne se reflète pas toujours dans les chiffres du chômage en France, c’est parce que les femmes finissent généralement par accepter et/ou par retrouver un petit boulot par la suite bien plus souvent que les hommes.

Enfin, l’Association Pour l’Emploi des Cadres (APEC), nous apprend aussi que la différence de rémunération entre les femmes et les hommes s’élève à pas moins de 12% chez les plus de 55 ans, contre seulement 4% en début de vie professionnelle. En outre, en 2019, 14% des emplois de professions intellectuelles supérieures et de cadres étaient détenus par des femmes âgées de plus de 50 ans alors que 23% étaient assurés par des hommes du même âge. Cette dernière tendance s’est cependant nettement améliorée au cours de ces dernières années et, dans le cadre de l’occupation de postes de directions, nous sommes aujourd’hui proches d’une parité des genres.

50 ans : un cap encore difficile à passer pour les femmes en entreprise

Aucune évolution manifeste ne semble pouvoir être constatée quant au taux d’emploi des femmes vieillissantes en entreprises. Ces dernières sont d’ailleurs nombreuses à créer leur propre société une fois 50 ans. Et ce, par désir pour beaucoup, mais également par obligation en vue de pouvoir garder ou retrouver un travail pour certaines. Un phénomène qui explique en partie la hausse conséquente et constante du nombre de femmes dirigeantes en France. Or, dans une société où les individus tendent à vivre de plus en plus longtemps mais également au sein de laquelle les femmes ont depuis longtemps fait leurs preuves, la question de la rentabilité financière d’un collaborateur ne devrait plus être une question d’âge, ni de genre, mais bien d’efficacité. De nombreux ouvrages aux États-Unis ont d’ailleurs démontré que 50 ans représentaient l’âge de pleine puissance pour les femmes !

En outre, la diversité au sein d’une entreprise est une source de bien-être pour les collaborateurs engendrés par un sentiment d’inclusion, d’ouverture et de compréhension de la part du management et de la direction. Quant au mélange des générations, il est essentiel à la réussite de toute organisation. Une entreprise a en effet tant besoin d’employés faisant preuve d’expérience et de savoir-faire que de collaborateurs plus jeunes, éventuellement plus à l’aise avec les nouvelles technologies et qui pourront lui permettre de toujours rester à jour dans un monde en perpétuelle évolution. 

Dans un système et face à des conventions sociales qui méritent encore d’évoluer, les femmes doivent tout mettre en œuvre afin de rester créatives et d’ainsi pouvoir surmonter l’idée que, passé 55 ans, elles n’ont plus aucune possibilité d’évolution en entreprise. En vieillissant, une personne tend à se libérer de l’image sociétale idéale qu’elle devrait se faire d’elle-même ainsi que de la peur du jugement des autres. Cette tranche d’âge constitue donc, de façon peut être contre-intuitive, le moment opportun pour se projeter vers l’avenir tout en évitant toute pensée limitante et en cultivant l’optimisme. Une façon merveilleuse de transcender un système qui cherche encore trop souvent à les réduire. Il est donc essentiel d’oublier ce facteur dérisoire qu’est l’âge afin de parvenir à ne plus subir, mais à décider !

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