Par Michael Krautzberger, CIO Public Markets chez AllianzGI
L’économie mondiale aborde le quatrième avec un regain de dynamisme, soutenu par une croissance résiliente, une amélioration de la confiance des entreprises et la poursuite des investissements des sociétés. Si l’inflation demeure au-dessus des objectifs des banques centrales et les risques géopolitiques continuent d’imposer la prudence, le contexte général reste constructif pour les investisseurs désireux de faire preuve de sélectivité et de diversification.
Après un ralentissement au milieu de l’année, les indicateurs économiques laissent entrevoir une fin d’année plus solide pour l’économie mondiale. Les États-Unis semblent en passe de renouer avec la croissance à partir d’une base déjà robuste, tandis que l’Europe continue de surpasser les attentes. En Chine, l’accélération des mesures de relance budgétaire et des dépenses d’investissement devrait apporter au moins un soutien temporaire à une économie restée atone au cours du dernier trimestre de l’année. Par ailleurs, les solides résultats des entreprises, en particulier dans les secteurs liés à l’intelligence artificielle, à l’électrification et aux infrastructures, continuent de soutenir les fondamentaux de marché.
L’inflation reste le principal défi pour les décideurs politiques. Même si les pressions inflationnistes se sont atténuées par rapport à leurs niveaux les plus élevés, l’inflation liée à l’énergie et la résilience de la demande laissent présager que l’inflation restera supérieure aux objectifs dans la plupart des économies développées. Les marchés du travail s’affaiblissent progressivement mais demeurent globalement solides, ce qui contribue à soutenir la consommation et l’activité économique. Les investisseurs doivent également rester attentifs aux tensions géopolitiques, à la volatilité des marchés de l’énergie, aux interrogations concernant l’indépendance des banques centrales ainsi qu’aux élections de mi-mandat à venir aux États-Unis.
Dans ce contexte, nous nous attendons à ce que les principales banques centrales maintiennent une orientation restrictive. Après les hausses de taux de septembre, nous anticipons une nouvelle hausse de 25 points de base de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne avant la fin de l’année, tandis que la Banque du Japon devrait poursuivre progressivement son processus de normalisation.
En ce qui concerne les marchés actions mondiaux, nous estimons que l’opportunité d’investissement liée à l’intelligence artificielle s’étend désormais bien au-delà des semi-conducteurs pour englober l’ensemble des infrastructures nécessaires à son déploiement. La demande croissante en interconnexions optiques, matériaux avancés et systèmes d’alimentation électrique en est l’illustration. L’électrification continue également de bénéficier de l’expansion des centres de données et des investissements dans les infrastructures. En Asie, les investisseurs peuvent trouver des opportunités auprès des fournisseurs de matériel informatique, dans l’écosystème chinois de l’IA et dans la dynamique de croissance portée par la consommation en Inde, tandis que le Japon continue de profiter de politiques favorables à la croissance et de réformes de gouvernance d’entreprise. Au-delà de l’IA, les actions de style « value » peuvent renforcer la diversification des portefeuilles.
Sur les marchés obligataires, nous identifions des opportunités dans l’ensemble de l’univers du Fixed Income car les courbes de taux devraient se pentifier aux États-Unis, en Allemagne et en Australie, tandis que les TIPS américains devraient bénéficier de pressions inflationnistes persistantes liées à l’énergie et de rendements réels attractifs. Au sein des obligations souveraines, nous privilégions les Bunds allemands sur les maturités courtes et les Gilts britanniques sur les maturités longues. Dans les marchés émergents, nous favorisons la dette émise par les pays exportateurs de pétrole, et certaines obligations locales, notamment brésiliennes et hongroises. Nous continuons de considérer le portage (« carry ») comme le principal moteur des performances du crédit.
En ce qui concerne les strategies multi-actifs, nous restons surpondérés en actions. Les thématiques de la robotique, des biotechnologies et des sociétés minières aurifères offrent également des opportunités attractives. Dans le segment obligataire, nous restons prudents sur les obligations souveraines des marchés développés mais privilégions la dette publique européenne, tout en identifiant de la valeur sur les obligations émergentes, notamment dans les pays exportateurs d’énergie et dans le crédit investment grade de qualité. Nous maintenons une vision neutre à court terme sur les devises, tout en anticipant un affaiblissement du dollar américain sur un horizon plus long. La demande des investisseurs, les préoccupations budgétaires et les interrogations relatives à l’indépendance des banques centrales nous conduisent à conserver une opinion favorable sur l’or.
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