Muzinich & Co. Weekly Update – Tenir bon : les banques centrales face à l’épreuve de l’inflation

16 juin 2026

Muzinich & Co. Weekly Update – Tenir bon : les banques centrales face à l’épreuve de l’inflation

Avec deux réunions de banques centrales et l’issue des négociations concernant le détroit d’Ormuz qui pèsent sur les marchés, cette semaine mettra la patience des investisseurs à rude épreuve. La distinction entre un véritable tournant de politique monétaire et un simple statu quo pourrait s’avérer déterminante.

Alors que la Réserve fédérale (Fed) se réunira les 17 et 18 juin, les marchés pourraient devenir de plus en plus sensibles aux pressions inflationnistes intérieures. Les données de l’indice des prix à la consommation (IPC) et de l’indice des prix à la production (IPP) pour le mois de mai étant désormais disponibles, les analystes estiment que l’indice des dépenses de consommation personnelles (PCE) a augmenté de 0,5 % en glissement mensuel en mai, le PCE de base progressant de 0,3 % sur la même période. 1 Nous pensons que le Comité fédéral de l’open market (FOMC) supprimera toute référence à une orientation accommodante de son communiqué tout en exprimant son inquiétude quant à la trajectoire de l’inflation sous-jacente. Kevin Warsh présidera la réunion pour la première fois, et nous nous attendons à ce qu’il parvienne à un consensus autour d’une telle modification. L’incertitude restant élevée concernant la réouverture du détroit d’Ormuz, le FOMC pourrait opter pour une évaluation équilibrée des risques, reconnaissant l’amélioration continue du marché du travail américain tout en restant vigilant face à l’inflation. Notre scénario de base est que la Fed reste patiente, maintient ses taux directeurs inchangés et attend de voir comment évoluent les marchés de l’énergie. Les taux du marché américain ont augmenté depuis mars, les rendements des bons du Trésor à 2 ans passant de 3,4 % à 4,1 %. Les marchés ont largement anticipé une hausse de 25 points de base (pb) de la Fed avant la fin de l’année ; nous considérons cette réévaluation de la partie courte de la courbe comme une opportunité de prendre des positions et de tirer parti du carry sur le crédit à court terme. (Voir le graphique de la semaine.)

La hausse de 25 points de base décidée par la Banque centrale européenne (BCE) la semaine dernière était largement anticipée et n’a provoqué que peu de réactions sur les marchés. Lors de la conférence de presse, la présidente Lagarde a rejeté le concept de « hausse d’assurance », indiquant qu’un scénario « one and done » n’était pas le scénario de base,2 les marchés anticipant actuellement deux hausses supplémentaires cette année.3 Notre scénario de base est qu’une hausse supplémentaire semble justifiée compte tenu de la durée du conflit, du temps nécessaire à la normalisation des marchés pétroliers une fois le détroit rouvert, et des effets indirects croissants de la hausse des prix du pétrole sur l’économie de la zone euro. La question de savoir si une hausse aura lieu en juillet ou en septembre dépendra de l’évolution des négociations diplomatiques et n’aurait qu’une importance limitée, à moins qu’elle ne signale un glissement vers un scénario plus agressif de la BCE. La résilience des prévisions de croissance du PIB établies par les équipes de la BCE – malgré l’anticipation de nouvelles hausses de taux et de prix du pétrole durablement élevés – est remarquable. Selon nous, l’objectif est d’orienter l’attention des marchés vers l’impact inflationniste des prix de l’énergie et vers les arguments justifiant de nouvelles mesures de politique monétaire. Cela est cohérent avec notre anticipation d’une BCE conservant une posture « hawkish » et maintenant les taux de marché à des niveaux élevés, sans pour autant engager une longue série de hausses. La prochaine réévaluation majeure de la politique monétaire de la BCE devrait intervenir lors du forum de Sintra à la fin du mois de juin.

La Banque d’Angleterre (BoE) se réunit le lendemain de la Fed, et nous nous attendons à ce que les taux directeurs restent inchangés. Les données économiques se sont affaiblies depuis la dernière réunion, et la perspective d’un accord imminent entre les États-Unis et l’Iran – incluant la réouverture du détroit d’Ormuz – devrait renforcer la posture attentiste du Comité de politique monétaire (MPC). Contrairement à la BCE, la BoE opère dans un environnement restrictif, ce qui laisse au MPC une plus grande marge de manœuvre pour faire preuve de patience ; toutefois, le communiqué de la réunion de mars a suscité une réaction des marchés plus vive que prévu, la réunion d’avril ayant servi à réajuster le ton. Dans un contexte de tensions géopolitiques non résolues, les récentes évolutions macroéconomiques ne semblent pas créer de pression immédiate pour agir. Les rendements réels ont sensiblement augmenté sur le marché des gilts britanniques, reflétant en partie les retombées des risques géopolitiques, ce qui suggère que les conditions financières se sont suffisamment resserrées pour justifier le maintien des taux à ce stade.

Les données publiées la semaine dernière ont apporté une note d’optimisme rare. La confiance des consommateurs américains s’est améliorée en juin, l’indice de confiance de l’Université du Michigan passant de 44,8 à 48,9 – la première hausse mensuelle depuis janvier – tandis que les anticipations d’inflation à un an et à cinq ans ont toutes deux reculé.4 Reste à voir si cette amélioration se traduira par une hausse des ventes au détail, les données étant attendues dans la semaine à venir. En Europe, l’indice des prix à la consommation (IPC) britannique de mai devrait rebondir modestement après la surprise à la baisse d’avril, tandis que les données sur l’emploi seront suivies de près en tant qu’élément clé pour l’évolution future des taux. L’enquête ZEW de juin en Allemagne, attendue mardi, sera scrutée à la recherche de signes indiquant que l’amélioration des conditions commerciales signalée par les récentes données de l’indice des directeurs d’achat (PMI) se confirme.

Au-delà des décisions des banques centrales, toute accélération dans la résolution diplomatique du conflit entre les États-Unis et l’Iran restera un facteur clé du sentiment général des marchés. Les marchés du crédit ont été bien soutenus jusqu’à la fin de la semaine dernière, le ralentissement des nouvelles émissions contribuant à absorber l’activité primaire intense des semaines précédentes. La demande des investisseurs devrait rester constructive, soutenue par les flux de coupons et de rachats qui constituent une source régulière de réinvestissement.

Graphique de la semaine : les taux courts américains ont progressé

Les marchés anticipent désormais une hausse des taux directeurs américains avant la fin de l’année, malgré des anticipations d’inflation stables à moyen terme.

Source: Macrobond, Bloomberg, as of June 11, 2026. Muzinich views and opinions are subject to change. For illustrative purposes only, not to be construed as investment advice or an invitation to engage in any investment activity.

References

1. Oxford Economics, « US PCE Nowcast – Headline inflation will creep above 4%, » June 12, 2026
2. ING Think economic and financial analysis, « Lagarde keeps the door open for further ECB rate hikes, » June 11, 2026
3. Morningstar, « European Central Bank Raises Interest Rates and Lifts Inflation Forecasts, » June 11, 2026
4. FXStreet, « University of Michigan Consumer Sentiment Index rises to 48.9 in June, » June 12, 2026

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