Quelles sont les peurs des ultra-riches ?

22 mars 2022

Quelles sont les peurs des ultra-riches ?

L’argent ne fait pas le bonheur, dit un vieil adage français. Mais il y contribue. Certes. Toutefois, être riche, voire très riche, ne signifie pas n’avoir ni inquiétudes ni peurs. En France, en 2021, que signifie exactement être ultra-riche ? Qui rentre dans la catégorie des riches et ultra-riches ? Et si eux aussi ont leurs inquiétudes, quelles sont-elles ? Et sont-elles les mêmes pour tous les ultra-riches ailleurs sur la planète ?

Le seuil de richesse

L’an dernier, l’Observatoire des Inégalités a émis un rapport précisant que 8 % de la population française peut être qualifiée de riche. Chose surprenante, car cela représente la même proportion que la population française considérée comme pauvre. Alors qu’un seuil de pauvreté a été établi voilà bien longtemps, l’Observatoire a créé un « seuil de richesse ». Partant du principe que le seuil de pauvreté représente la moitié du revenu médian des Français, soit 867 €, le seuil de richesse a été considéré comme étant le double du même revenu médian, qui est de 1 750 €. Soit un seuil mensuel après impôts de 3 740 € pour un individu et 7 287 € pour une famille avec deux enfants. Puis, le patrimoine de 490 000 € a été ajouté.

À partir d’un revenu mensuel après impôt de 6 700 €, on entre dans la catégorie du 1 % de la population française la plus riche. Au-delà de 15 000 €, on est considéré comme très riche. Cela concerne 0,1 % de la population. Les ultra-riches représentent 0,01 % de la population, avec un revenu mensuel supérieur à 38 000. Ce qui met la France en deuxième position derrière la Suisse, avec son 1 % de riches.

Les craintes des ultra-riches à travers le monde

4 500 millionnaires et milliardaires (fortunes de 10 millions de dollars et plus) à travers le monde, ont répondu à une enquête concernant leurs pires peurs. Sans surprise, la peur de problèmes de santé arrive en première place. Ce que tout un chacun peut comprendre. Mais ce qui ressort en deuxième point est intéressant : les personnes les plus fortunées ont peur que la troisième génération engendre la perte du capital familial.

En effet, la première génération est celle qui aura créé cette fortune. La deuxième génération aura tendance à préserver ces acquis. Vient alors la troisième génération, qui, si l’on peut dire, a tout reçu sur un plateau d’argent. La crainte, ici, est que cette génération ait un profond manque d’ambition tant en ce qui concerne les études que la carrière professionnelle. Car elle n’a pas la notion des difficultés rencontrées pour construire cet empire financier. Tout comme elle ne sait pas ce qu’il en coûte de le maintenir et le conserver.

Si, en France, il est impossible de déshériter ses enfants, ce qui explique peut-être en partie que 80 % des grandes fortunes sont en fait héritées, la législation est différente dans certains autres pays, ce qui peut nous surprendre, nous Français. En effet, aux États-Unis par exemple, il est possible de choisir à qui on lègue sa fortune. Ainsi, Bill Gates ou Warren Buffet ont déclaré faire don de la majorité de leur fortune à des œuvres caritatives.

Excentricité de milliardaires me direz-vous ? Peut-être.

Mais au Royaume-Uni, Sting, l’ex-chanteur du célèbre groupe Police, a aussi prévenu sa descendance qu’il ne leur léguera pas ses 180 millions de livres sterling. Cela repose sur le fait que ces ultra-riches veulent que leurs enfants gagnent leur indépendance financière. Ayant créé eux-mêmes cette fortune, certains d’entre eux considèrent que ce n’est pas rendre service à leurs enfants de leur donner leurs milliards en héritage. Xavier Niel, neuvième fortune française et à la tête de Free, ajoute qu’à compter d’un certain montant, l’argent devient plus un problème qu’une chance.

 Peut-être faudrait-il alors faire une différence entre vieilles fortunes et nouveaux riches ? Dans le premier cas, il y a une notion d’héritage, de passage de traditions et de valeurs, alors que dans le deuxième cas, nous sommes encore dans un effet d’immédiateté. Ce qui amène parfois certains de ces ultra-riches à avoir des comportements excessifs, comme la tendance au survivalisme aux États-Unis. Ou encore, la peur de devenir encore plus riche. Comme c’est le cas des nouveaux milliardaires chinois suite aux annonces de Xi Jinping, le président de la République populaire de Chine. Celui-ci les a en effet encouragés à partager leur richesse avec la communauté, ce qui met un frein à leurs ambitions d’expansion. Le manque de démocratie est sûrement une très forte préoccupation pour ces nouveaux milliardaires. De quoi poursuivre cette réflexion purement intellectuelle, que vous fassiez partie du 1 % ou non.

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