Muzinich & Co.: Forte hausse des rendements du high yield aux États-Unis et en Europe – peu d’exposition à la Russie/l’Ukraine

23 mars 2022

Muzinich & Co.: Forte hausse des rendements du high yield aux États-Unis et en Europe – peu d’exposition à la Russie/l’Ukraine
  • Depuis le début de l’année, les marchés du crédit se sont nettement réajustés. Aux États-Unis, le rendement que perçoivent les investisseurs en échange du prêt de leur argent aux émetteurs high yield est passé de 4,2 % au début de l’année à près de 6,1 % aujourd’hui, tandis qu’en Europe les rendements s’établissent actuellement à environ 4,6 % en euros contre 2,9 % début 2022
  • Au départ, cette hausse des rendements était principalement due à la hausse des taux d’intérêt, mais à présent, un creusement prononcé des spreads est également à l’œuvre. Ceux-ci s’élèvent actuellement à 415 pb aux États-Unis, vs 322 pb en début d’année et demeurent inférieurs à la moyenne sur 10 ans (463 pb). En Europe, en revanche, les spreads dépassent de loin leur moyenne sur 10 ans (414 pb), étant passés de 341 pb en début d’année à 462 pb aujourd’hui
  • Actuellement, les spreads européens et américains supposent respectivement 31 % et 28 % de défaut cumulé en valeur nominale au cours des cinq prochaines années en partant de l’hypothèse d’un taux de recouvrement de 40 %. De tels niveaux de défauts cumulés sur cinq ans n’ont jamais été observés au cours des 15 dernières années, même pendant la Crise financière mondiale : c’est pourquoi, selon nous, les investisseurs commencent à disposer d’une marge de sécurité
  • Les fondamentaux des entreprises sont bons : JP Morgan anticipait au cours des 12 prochains mois des taux de défaut de moins de 0,75 % aux États-Unis et de moins de 2 % en Europe. Les marchés high yield américain et européen présentent une exposition directe limitée à la Russie et l’Ukraine en termes de revenus ; aux États-Unis, presque aucune entreprise de l’univers high yield n’a d’exposition significative à ces deux pays, tandis qu’en Europe, celles dont c’est le cas représentent moins de 1 % du marché. Les éventuels impacts sur les défauts seraient donc indirects, par exemple au travers d’une exposition à la hausse des prix de l’énergie ou des matières premières. On imagine cependant assez mal qu’une telle exposition indirecte à la Russie/l’Ukraine puisse hisser les taux de défauts au dessus du seuil de rentabilité estimé
  • D’une manière générale, les entreprises ont entamé l’année avec des bilans robustes et de solides profils de liquidité de part et d’autre de l’Atlantique. Après la crise de liquidité due au Covid en 2020, les émetteurs ont augmenté les maturités, de telle sorte que leurs besoins de refinancement à l’horizon des deux prochaines années sont généralement faibles. Aux États-Unis, seulement 4 % des obligations high yield devront être refinancées d’ici deux ans. D’autre part, la qualité des entreprises du marché high yield s’est améliorée au cours des dernières années. Les émetteurs BB représentent 53 % du marché aux États-Unis, contre 10 % pour les notations CCC, ces proportions s’élevant respectivement à 73 % et 5 % en Europe. C’est là une information importante, car l’incapacité de se refinancer est un moteur clé des défauts

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