Les entreprises du BTP ne peuvent plus « fonctionner » comme avant

29 septembre 2021

Les entreprises du BTP ne peuvent plus « fonctionner » comme avant

Parce que notre monde évolue, que la société change, que les citoyens ont de nouvelles aspirations et de nouvelles attentes, que ce soit en matière de transparence des affaires, comme d’impact sur l’environnement, les entreprises d’aujourd’hui ne peuvent plus « fonctionner » comme avant, leurs efforts uniquement tendus vers des objectifs techniques ou financiers. C’est tout l’enjeu de la Responsabilité sociétale des entreprises, qui leur enjoint de prendre en compte tous ces aspects.

Une démarche que les acteurs du BTP intègrent de plus en plus dans leur stratégie, introduite ici en trois volets publiés au rythme d’un par semaine.

Des pratiques anciennes révolues à la faveur d’un cadre légal plus rigoureux

Certains clichés ont la peau dure : selon une étude menée en début d’année sur l’exposition sectorielle au risque de corruption par Grant Thornton, groupe d’audit et de conseil en France et dans le monde, le secteur du BTP jouit d’une bien mauvaise réputation en la matière. Le legs encombrant de pratiques anciennes désormais révolues.

Des stéréotypes qui durent

En effet, le cabinet d’audit a envoyé un questionnaire à 1500 entreprises françaises et internationales pour leur demander d’évaluer le risque de corruption de 22 secteurs économiques, et la construction arrive en première position de ce classement. Pourtant, la réalité donne tort à ce préjugé car, dans le cadre de cette même étude, Grant Thornton a analysé un grand volume de données empiriques qui révèle qu’en matière de corruption, le BTP n’arrive qu’en sixième position. « On en déduit que celui-ci est finalement moins exposé au risque de corruption que ce que les gens ont en tête, à l’inverse par exemple des industries de pointe », conclut Nicolas Guillaume, en charge de la ligne Business Risk Services chez Grant Thornton.

Et en ce qui concerne la pollution et les atteintes à l’environnement, le secteur ne jouit pas non plus d’une excellente réputation. Comment expliquer une image aussi négative ? Sans doute par le fait que certaines affaires, comme celle des marchés publics d’Ile-de-France et celle des ententes illicites sur les grands chantiers de la SNCF dans les années 90 ou, plus récemment, l’affaire de pollution des eaux de la Seine par le cimentier Lafarge ont durablement marqué les esprits. Pacte de corruption, non-respect des règles de mise en concurrence, déchets non traités comme l’exige pourtant la loi… ces malversations de quelques-uns ont terni l’image de toutes les entreprises du secteur, mises en quelque sorte « dans le même sac ».

Pourtant, rester sur cette idée, c’est nier le fait que le secteur du BTP, mû par différents facteurs tels que la loi, l’évolution de la société, les attentes nouvelles, l’attention des associations mais aussi des agences de notation non financière ou encore l’innovation, non seulement s’adapte à un contexte nouveau, mais s’efforce d’intégrer ces exigences sociales et environnementales dans une vision globale de son métier.

Des lois pour réguler le secteur

Conscient que les sommes colossales en jeu dans les marchés de travaux publics peuvent attirer la convoitise d’entreprises peu scrupuleuses et favoriser corruption, petits arrangements entre amis et autres ententes illicites, le législateur a depuis longtemps encadré ce domaine d’activité, notamment avec la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 modifiée relative à la maîtrise d’ouvrage publique et à ses rapports avec la maîtrise d’œuvre privée, plus connue sous le nom de « loi MOP ». Ce texte, qui encadre le droit de la construction publique, s’applique dans les relations entre les différents intervenants publics et privés lors d’une construction ordonnée par une entité publique.

Plus de vingt ans après, une autre loi est venue encadrer encore davantage les activités du BTP : la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique, plus communément appelée loi Sapin II. Elle s’applique à tous les secteurs de l’économie française, et les entreprises du BTP doivent donc s’y conformer. C’est ce qu’a fait, par exemple, Léon Grosse en édictant un code de conduite clarifiant les comportements que les collaborateurs du groupe doivent adopter en termes d’éthique des affaires. Du côté de Vinci, une démarche similaire a été adoptée avec la publication d’un code de conduite anticorruption.

La semaine prochaine nous verrons comment les entreprises du BTP les plus motivées ont fait évoluer leurs pratiques au plan social, bien au-delà des exigences légales

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