La première hausse de taux et un peu de « whatever it takes »

14 juillet 2022

La première hausse de taux et un peu de « whatever it takes »

Photo Ulrike Kastens © DWS

Par Ulrike Kastens, économiste Europe, DWS

Les attentes sont élevées pour la réunion de la Banque centrale européenne du 21 juillet 2022. Pour la première fois en neuf ans, la BCE a le courage de relever tous les taux d’intérêt directeurs de 25 points de base. Toutefois, compte tenu des taux d’inflation extrêmement élevés, il s’agit d’une réaction hésitante. Nous supposons donc que la BCE inclura la normalisation de la politique monétaire – c’est-à-dire de nouvelles mesures de relèvement des taux d’intérêt dans le courant de l’année – dans son annonce.  Ce resserrement pourrait être d’autant plus prononcé que le programme annoncé pour lutter contre la soi-disant fragmentation de la zone euro s’avère puissant. L’existence d’une fragmentation, c’est-à-dire d’un « élargissement fondamentalement injustifié des écarts de rendement », fait l’objet de nombreux débats. Cependant, la BCE considère qu’un tel instrument est nécessaire pour éviter une situation de crise comme en 2011 et 2012.

Ce faisant, elle a alimenté des attentes élevées parmi les participants au marché, qui doivent maintenant être satisfaites. Nous ne nous attendons pas à ce que le programme soit limité dans le temps. Les éventuels achats d’actifs seront probablement aussi stérilisés pour éviter une nouvelle expansion du bilan de la BCE. Mais comme pour le SMP (Security Markets Programme) et l’OMT (Outright Monetary Transactions), la politique monétaire et budgétaire sera probablement mixte. La BCE ne serait autorisée à acheter des obligations de pays individuels que si ceux-ci remplissent certaines conditions budgétaires. Toutefois, il ne faut pas s’attendre à des conditions et des règles strictes comme pour l’OMT ; la banque centrale pourrait plutôt se contenter de déclarations d’intention. Cela pourrait rendre le nouveau programme juridiquement contestable à moyen terme. On ne sait pas non plus si l’instrument sera effectivement utilisé ou si l’effet d’annonce sera suffisant pour réduire l’écart.

Lors de cette réunion historique, la communication sera une fois de plus d’une grande importance – notamment en raison de la faiblesse de l’euro. Par le passé, la BCE a généralement réussi à répondre aux attentes du marché.

Retrouvez l’ensemble de nos articles Business

Recommandé pour vous

A la Une
Le vrai risque de l’IA : pas la disparition des emplois, mais leur transformation
L’intelligence artificielle ne semble pas, pour l’instant, supprimer…
A la Une
L’IA marque le retour de la mémoire flash
Par BIT Capital  D’un marché de produits de base à un élément stratégique d…
A la Une
Muzinich & Co. Weekly Update: Cela aurait pu être bien pire
Juillet a déjoué sa réputation de l’un des mois les plus fiables de l&rsqu…
A la Une
Les dynasties familiales à l’heure de la réinvention
Longtemps perçues comme des bastions de tradition, les entreprises familiales eu…
A la Une
À Genève, la clim’ interdit-elle de respirer ?
Un texte de loi vieux de plusieurs années, conçu pour un climat qui n’exis…
A la Une
IA souveraine : pourquoi la puissance de calcul devient une question de raison d’État
Par Marcel Oldenkott, directeur général et co-directeur des investissements chez…