Entretien avec Beatrix Bourdon, Managing Director de la Brafa

29 mars 2022

Entretien avec Beatrix Bourdon, Managing Director de la Brafa

Photo © Karel Duerinckx

La Brafa se tiendra aux prémices de l’été, du dimanche 19 au dimanche 26 juin 2022 à Brussels Expo. Se développer, s’adapter, se réinventer, c’est ce que les organisateurs de la foire font depuis 1956. Plus de 60 ans plus tard, dans un monde en constante évolution, Beatrix Bourdon et son équipe se préparent à relever un nouveau défi avec beaucoup d’enthousiasme.

La Brafa revient dans sa forme originale après deux années d’initiatives alternatives qui ont permis de soutenir les exposants BRAFA. Quel est le sentiment général aujourd’hui ?

C’est un vrai soulagement. Après un second report de la Brafa, décidé fin novembre, nous sommes tellement heureux de pouvoir proposer une foire en présentiel dans un nouveau lieu avec de nouvelles dates. Nous avons réalisé qu’il y avait une vraie demande de retrouver la Brafa, tant de la part des galeries que de la part des collectionneurs et partenaires.

A 3 mois de la foire, comment l’équipe vit-elle cette préparation ?

Nous vivons cette préparation comme un nouveau challenge avec une énergie très positive. Tout d’abord, la foire déménage après 19 ans de Tour & Taxis vers Brussels Expo. Elle est déplacée du mois de janvier au mois de juin et passe donc en mode été. Nous travaillons d’arrache-pied pour que la prochaine édition de la Brafa soit exceptionnelle. La plupart de nos galeries n’ont pas eu l’opportunité de participer à une foire depuis plus de 2 ans. Aujourd’hui, beaucoup nous restent fidèles – malgré un petit embouteillage de foires en juin – certaines participant à deux foires à la même période, ce qui implique une bonne gestion de stock mais aussi d’effectifs. En fait, c’est un vrai challenge tant pour les organisateurs de foires que pour les exposants. Nous les en remercions et les félicitons. Il faudra attendre 2023 pour que le marché de l’art retrouve une certaine sérénité et un nouveau rythme de croisière.

Un déménagement à Brussels Expo après 19 ans à Tour & Taxis, c’est comme démarrer une nouvelle histoire ?

Lorsque nous avons quitté le Palais des Beaux-Arts de Bruxelles pour le site industriel de Tour & Taxis, c’était une incroyable aventure puisque nous étions des vrais pionniers en arrivant sur ce site, que peu de personnes connaissaient et qui n’était pas développé comme il l’est aujourd’hui. La première année, le jour du vernissage, les visiteurs étaient éblouis, nous savions que le pari de ce déménagement était gagné et j’espère qu’il le sera aussi en juin 2022 lorsque les amateurs d’art découvriront la foire à Brussels Expo. Vu que nous savions que nous devions quitter Tour & Taxis après la foire de janvier 2022, nous avions déjà pris nos dispositions pour trouver un lieu adéquat. En visitant Brussels Expo au printemps 2021, nous avions compris qu’il est tout à fait possible d’aménager l’endroit comme nous le rêvions et que c’était là que nous avions envie de déposer nos valises pour les années à venir. De plus, ce lieu a été créé spécifiquement pour des expositions, tout l’aspect logistique est donc très adapté à l’organisation de la foire.

Un mot sur la décoration que l’on pourra découvrir lors de la foire en juin ?

Je ne vais pas trop en dire pour laisser la surprise. Il est évident qu’Arne Quinze, notre invité d’honneur, qui puise son inspiration dans la nature, amènera son univers coloré à la foire. Il interviendra avec des sculptures et des installations. Ses œuvres seront également déclinées à travers certains supports de la foire comme la couverture du catalogue, les invitations, et même le motif du tapis.

Autre nouveauté cette année, le changement de période puisque la foire a traditionnellement lieu en janvier.

L’ambiance sera effectivement très différente. Au mois de janvier, les visiteurs repartaient de la foire dans l’obscurité. Il faisait froid et il neigeait parfois. Ici, ce seront les jours les plus longs. Il y aura une tout autre luminosité. Pour une fois, nous ne parlerons pas de chauffage mais plutôt d’air conditionné. Chaque saison a ses avantages et désavantages. Pour les collectionneurs, tout comme pour les exposants, ce sera aussi l’occasion de vivre Bruxelles différemment dans la douceur et les journées ensoleillées du mois de juin.

Plusieurs foires se bousculent au mois de juin cette année, c’est une inquiétude pour vous ou une opportunité ?

Tout dépendra de la situation internationale à ce moment-là mais je suis certaine que de nombreux collectionneurs en profiteront pour combiner la visite de plusieurs foires. Certains se rendront à Art Basel et visiteront ensuite la Brafa. Vu que la Tefaf débute à la fin de la Brafa, un public très intéressant pourrait également faire les deux foires. On peut donc envisager cela comme une opportunité. Nous verrons si l’année prochaine, nous repartirons sur janvier en sachant que toutes les foires devront se repositionner dans le calendrier.

Le monde de l’art évolue énormément. Entre les changements de calendrier à cause des reports, les foires qui s’exportent et celles qui fusionnent, comment la Brafa envisage-t-elle le futur ?

On a toujours essayé d’évoluer. Il y a une vingtaine d’années, il n’y avait pas d’art contemporain à la foire ni d’art tribal ni de bande dessinée. Nous avons toujours été attentifs à l’évolution du marché tout en gardant les pieds sur terre. En étant trop à la mode ou dans les tendances, il y a un risque d’être très vite démodé aussi. L’édition de juin sera la 67ème, ce qui prouve que nous avons fait les bons choix. La rotation des exposants à la Brafa est en général assez faible, il y a une grande fidélité qui est due notamment à l’organisation. Evidemment, cette année est un peu particulière, ce qui nous laisse aussi l’opportunité d’accepter des candidatures de nouvelles galeries et de dynamiser la liste des participants. Le nouveau plan de sol de Brussels Expo est établi sur 115 exposants dont 17 nouvelles galeries. C’était important pour la Brafa de repartir sur une base de cette taille et ne pas être trop gourmande pour voir quelle évolution nous suivrons dans les années à venir. En quittant le Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, nous étions à 50 galeries pour monter à 80 à Tour & Taxis avant de continuer à nous développer. Tout est question d’adaptation. Le plus important, c’est de conserver les valeurs de la foire : la qualité et l’authenticité des œuvres, la diversité des styles et des époques, une atmosphère agréable, et bien sûr une organisation impeccable.

BRAFA – Brussels Art Fair – 19 26/06/2022

Brussels Expo I Heysel, Place de Belgique 1, 1000 Bruxelles

www.brafa.art

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