Digital first: la banque de détail se réinvente

Digital first: la banque de détail se réinvente

8 juin 2021

Étude de Strategy& : « Retail Banking Monitor 2021 » 
Baisse jusqu’à 40% des bénéfices des banques de détail européennes
Recul du chiffre d’affaires moyen de 4 % par rapport à l’année précédente
Bénéfice par client : la Suisse en tête avec 444 euros
Rationalisation du réseau de succursales : 40 % des succursales des banques de détail européennes pourraient disparaître d’ici à 2023
L’avenir des banques de détail passe par les modèles de vente numériques et l’expérience client virtuelle
L’année 2020, marquée par la pandémie, a accéléré la mue des banques de détail européennes. La baisse du nombre de transactions internationales et de paiements par cartes de crédit, ainsi qu’un volume plus faible de crédits à la consommation, ont entraîné un recul du chiffre d’affaires de 4 % par rapport à 2019. Simultanément, les établissements financiers européens ont enregistré une forte baisse de leur bénéfice opérationnel. Pour un quart des banques de détail interrogées, celui-ci a même baissé de 40 % en 2020 par rapport à l’année précédente. En moyenne, le bénéfice a diminué de 8 %, passant de 210 euros (2019) à 193 euros (2020) par client. Avec un bénéfice de 444 euros par client, la Suisse se détache comme le leader incontesté en Europe en 2020, comme le montre le dernier « Retail Banking Monitor 2021 » de Strategy&, l’entité de conseil en stratégie de PwC. L’analyse a porté sur environ 50 banques de détail et groupes bancaires en Europe – ainsi qu’en Amérique du Nord et en Australie à titre de comparaison – totalisant 690 millions de clients, ainsi que des dépôts de clients et volumes de crédit estimés de 18 000 milliards d’euros.
Les conséquences économiques de la pandémie de COVID-19 ont encore accentué la pression sur les coûts et entraînent des mesures d’économie de plus en plus larges : s’agissant de la baisse du chiffre d’affaires, toutes les banques de détail, à l’exception de la Suisse, l’Autriche et la Belgique, ont enregistré une diminution d’environ 2 % des coûts opérationnels par client en 2020 par rapport à l’année précédente. Les programmes d’économie mis en place à large échelle n’ont pas encore eu d’effets positifs notables sur les bilans. Au contraire, comme la baisse des recettes n’a pas pu être compensée par une réduction des coûts, le rapport coûts/revenus (cost-to-income ratio ou CIR) a augmenté pour trois quarts des banques interrogées. Les établissements bancaires en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en France et en Italie notamment affichent un rapport coûts/revenus particulièrement élevé en 2020. 
À l’avenir, les banques de détail européennes vont encore devoir réduire leurs coûts, peut-être même de manière drastique. On estime que la transformation de la branche sera surtout visible dans le réseau de filiales. En effet, de 2016 à 2019, le nombre de succursales diminuait de 4 % par an, tandis que de 2019 à 2020 il a diminué de 5 % supplémentaires. Les confinements successifs dans toute l’Europe ont montré que les modèles de distribution des banques pouvaient se réinventer, avec des canaux physiques nettement réduits ou moins nombreux. On peut donc s’attendre à de nouvelles fermetures de succursales : jusqu’à 40 % du réseau actuel pourrait disparaître d’ici à 2023. Parallèlement, des investissements sont prévus dans la technologie numérique afin de réduire les coûts, en automatisant certaines tâches par exemple, et d’améliorer l’expérience client. 
« Dans le modèle de banque du futur, l’approche client sera inversée : au lieu d’attirer un maximum de clients avec les meilleurs emplacements physiques, les contacts clients seront au contraire générés par un marketing en ligne ciblé à l’avenir. Ceux-ci devront ensuite être transformés en ventes par une approche décentralisée – comme le font déjà avec succès les intermédiaires en financement immobilier », commente Andreas Pratz, associé chez Strategy& et auteur de l’étude.Les conséquences de la pandémie ouvrent aussi de nouvelles possibilités d’accroissement du chiffre d’affaires pour les banques de détail européennes. Avec le recul des dépenses de consommation pendant la pandémie, les dépôts ont augmenté de 9 % par rapport à l’année précédente. Pour les établissements bancaires, il devient de plus en plus important de rentabiliser ces dépôts. Pour ce faire, les banques de détail peuvent soit répercuter les taux d’intérêt négatifs sur les clients, soit développer de nouvelles options d’investissement. « Dans la lutte pour les parts de marché et les clients, les modèles d’affaires des banques traditionnelles et des banques directes se ressemblent de plus en plus. Les banques traditionnelles devraient faire de leurs succursales un point de contact central, qui fait partie intégrante d’un modèle de distribution numérisé, afin de ne pas se laisser dépasser par les banques directes et les néo-banques. Ces dernières, quant à elles, doivent continuer à développer leur offre avec des prestations rentables et personnalisées et ne pas miser uniquement sur une croissance illimitée de la clientèle », conclut Marcel Tschanz, associé et Head of Banking Advisory chez PwC Suisse.

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