Comment lutter contre la paresse sociale du management collaboratif ?

Comment lutter contre la paresse sociale du management collaboratif ?

26 juillet 2021

La tendance depuis quelques années en matière de management est à l’horizontalité. Les managers sont donc de plus en plus nombreux à adopter le travail collaboratif au sein des groupes qu’ils dirigent, un format qui favorise la promotion de l’intelligence collective. Toutefois, censé augmenter la motivation et l’engagement de chaque membre d’une équipe, le management collaboratif peut aussi mener à la paresse sociale. De quoi s’agit-il et comment y remédier ? Les réponses dans les lignes qui suivent :

Qu’entend-on par paresse sociale ?

La paresse sociale repose sur le constat selon lequel la force fournie par un individu tend à s’amoindrir lorsque celui-ci est incorporé dans un groupe. On parle alors d’effet Ringelmann, un phénomène que l’on pourrait attribuer à un défaut de coordination ou de gestion de la part du manager, mais qui en réalité, relève du domaine psychologique.

Il est apparu en effet que la simple perspective de travailler en équipe comme dans le cas de la mise en œuvre du management collaboratif est de nature à diminuer la motivation des différents membres de cette équipe ce qui va impacter négativement sur le rendement au travail. La question qui se pose est dès lors de savoir comment venir à bout de la paresse sociale pour ne pas aller jusqu’à remettre en cause les vertus du management collaboratif ?

Quel remède contre la paresse sociale engendrée par le management collaboratif ?

Plusieurs méthodes sont à la portée du manager pour lutter contre la paresse sociale dans le travail collaboratif. Il s’agit tout d’abord d’appliquer la stratégie qui consiste à responsabiliser tous les membres de l’équipe. Ainsi, la peur d’une pénalisation du groupe dans le cas où les efforts individuels venaient à manquer incitera chacun à prendre ses responsabilités pour éviter les conséquences qui en découlent pour tout le groupe à défaut de résultats.

Un niveau élevé de motivation peut aussi être obtenu par la reconnaissance des contributions individuelles dans l’atteinte des objectifs collectifs. Il n’est pas superflu non plus de procéder à un remaniement au sein d’un groupe dès le moindre signe de paresse sociale et ce, afin que la routine n’ait pas le temps de s’installer et d’émousser la motivation de chacun.

Un manager peut aussi neutraliser les personnalités incompatibles avec le management collaboratif afin de les mettre dans des groupes restreints. C’est le cas notamment des profils qui se croient d’emblée supérieurs au reste de l’équipe. De telles personnalités risquent en effet de nuire à la dynamique du groupe et d’étouffer la motivation des autres.

Dans le même ordre d’idée, il peut être intéressant de repérer également les profils productifs, car souvent, ils sont indifférents au phénomène de paresse sociale. On les mettra alors au sein d’équipes plus importantes pour plus de rendement. Enfin, les spécialistes préconisent aussi de tenir compte des facteurs culturels pour former des équipes qui resteront insensibles au risque de paresse sociale. Dans l’hypothèse de groupes à former sur la base de profils de cultures différentes, les équipes les plus compétitives sont le plus souvent celles qui ont évolué dans un système qui fait primer la collectivité à l’individu.

Il faut dire malheureusement que la paresse sociale atteint surtout les équipes dont les membres sont issus d’un système individualiste comme le nôtre.

Retrouvez l’ensemble de nos articles Leadership ici

Recommandé pour vous

A la Une
Quel avenir sans Gulf Stream ?
Deux études parues cette année dans la renommée revue scientifique Nature ont ra…
A la Une
Redistribution des richesses : et si l’exemple venait de la Chine
Aussi incroyable que cela puisse paraitre, la chine semble en passe de devenir u…
A la Une
Neutralité carbone : l’objectif de la Chine d’ici 2030 et 2060
Photos © Reyl Par Daryl Liew, CIO chez Reyl Singapore  Le président Xi Jinping a…
A la Une
Toxicité des dirigeants: un fléau en pleine expansion
La vie au travail est de plus en plus confrontée à la présence de leaderships to…
A la Une
Travailler quatre jours par semaine, payé cinq : pourquoi doit-on l’envisager ?
C’est une entreprise de Nouvelle-Zélande qui a lancé un pavé dans la mare …
A la Une
Et si on osait enfin se faire plaisir professionnellement
Il y a encore 50 ans, dès la fin de nos études on signait un contrat d’embauche …