2025 : l’année où la réalité a rattrapé les prévisions

5 janvier 2026

2025 : l’année où la réalité a rattrapé les prévisions

À l’aube de 2026, alors que s’achève une année riche en tensions, en innovations et en remises en question, le moment est venu de prendre un peu de hauteur. Que retenir de 2025 ? Quels titres resteront gravés dans nos mémoires ? Et surtout, quelles leçons pouvons-nous en tirer pour construire un avenir plus lucide, plus solidaire et plus humain ?

Conflits, technologie et climat : un triple défi

2025 aura été marquée par la persistance des conflits et des fractures. En Ukraine, la guerre s’est enlisée dans un affrontement d’usure, les lignes de front ayant peu évolué malgré des combats meurtriers, redéfinissant les équilibres géopolitiques de l’Europe et testant la résilience des démocraties occidentales. L’année aura vu une augmentation tragique de 24 % des victimes civiles par rapport à 2024, tandis que les infrastructures énergétiques du pays ont subi des attaques massives, plongeant des millions d’Ukrainiens dans l’obscurité glaciale de l’hiver. Au Moyen-Orient, la situation à Gaza a continué de secouer les consciences, interrogeant notre rapport collectif à la justice, à la mémoire et à la dignité humaine. Dans un monde saturé d’images et de discours, l’émotion a parfois pris le pas sur la raison, mais la soif de vérité n’a jamais été aussi vive. Sur le plan économique, 2025 aura confirmé que la mondialisation entre dans une phase de fragmentation. Les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, les reconfigurations industrielles autour des ressources stratégiques, et la transition énergétique imposée par l’urgence climatique redessinent les rapports de force planétaires. L’économie mondiale cherche son équilibre entre croissance verte et sobriété, entre technologie salvatrice et dépendance qu’elle engendre.

L’année 2025 aura également été celle de la consolidation de l’intelligence artificielle dans tous les secteurs. Ce qui relevait de la science-fiction il y a encore cinq ans est devenu une réalité quotidienne : IA générative dans les entreprises, robots de soin dans les hôpitaux, véhicules autonomes dans les grandes villes. Les gains de productivité et les avancées médicales sont indéniables, mais la question éthique s’impose avec une urgence croissante. Jusqu’où confier nos décisions, nos émotions, voire nos destins, à des algorithmes ? Le paradoxe de 2025, c’est cette tension entre progrès et perte de repères. Nous n’avons jamais été aussi connectés, et pourtant l’isolement social progresse. Nous n’avons jamais eu autant d’outils pour comprendre le monde, et pourtant la désinformation et les théories du complot n’ont jamais été aussi virulentes. L’année a rappelé que la technologie, si elle n’est pas accompagnée d’une réflexion humaine, peut devenir un miroir déformant de nos propres contradictions. Sur le front environnemental, 2025 a tiré la sonnette d’alarme avec une violence tout aussi inédite. Les catastrophes climatiques ont coûté au moins 120 milliards de dollars à l’échelle mondiale. En janvier, les incendies de Los Angeles ont battu tous les records avec plus de 60 milliards de dollars de dégâts et 400 victimes. L’Asie du Sud-Est a subi des inondations meurtrières causant plus de 1750 morts et 25 milliards de dollars de pertes, tandis que la Chine, l’Inde et le Pakistan ont été frappés par des déluges sans précédent. L’Europe n’a pas été épargnée avec des vagues de chaleur ayant causé plus de 2300 décès, des incendies en Grèce, Espagne et Portugal, et près d’un million d’hectares brûlés à travers l’Union européenne. Le dérèglement climatique n’est plus une menace abstraite : il redéfinit les priorités politiques et économiques. Les COP et les sommets mondiaux se succèdent, mais les résultats peinent à suivre la gravité du constat. Pourtant, partout dans le monde, des initiatives locales, portées par des citoyens, des entreprises et des collectivités, démontrent que le changement est possible lorsque la volonté collective s’impose au cynisme.

La lucidité comme seule boussole

De 2025, il faut retenir avant tout une leçon d’humilité. Nos certitudes vacillent, nos modèles économiques s’essoufflent, nos systèmes politiques peinent à répondre à la complexité des enjeux. Et pourtant, c’est dans cette fragilité que réside une chance : celle de repenser nos priorités. L’humain doit redevenir la mesure de toute chose. Les dirigeants, qu’ils soient politiques, économiques ou culturels, ont un devoir de lucidité et d’exemplarité. La prospérité ne peut plus s’évaluer uniquement en points de PIB, mais en qualité de vie, en équité et en confiance retrouvée.

Que souhaiter pour 2026 ? De la lucidité, d’abord. Car espérer ne signifie pas ignorer les difficultés, mais refuser de s’y résigner. Souhaitons un monde où le dialogue l’emporte sur la domination, où la connaissance se libère des dogmes, où l’économie retrouve le sens du collectif. Souhaitons des dirigeants courageux, capables de dire non à la facilité, oui à la responsabilité. Souhaitons enfin que chacun, à son échelle, retrouve le goût de la vérité, du travail bien fait et du lien humain. 2025 aura été rude, mais elle nous laisse une boussole : celle du discernement. Puissions-nous l’utiliser avec sagesse en 2026, pour que cette nouvelle année ne soit pas seulement une succession d’événements, mais un pas de plus vers une humanité réconciliée avec elle-même.

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