L’heure n’est plus à caricaturer la présence de la Chine en Afrique

L’heure n’est plus à caricaturer la présence de la Chine en Afrique

12 juillet 2021

L’heure n’est désormais plus à se résoudre à caricaturer la présence de la Chine en Afrique.  Selon certains experts, la Chine a constitué une source d’opportunités pour l’Afrique, qui a trouvé de nouveaux moyens pour financer son développement ainsi que ses infrastructures grâce à de nombreux apports de Pékin. Les forums organisés sur la coopération Afrique-Chine (FOCAC) illustrent parfaitement les rôles stratégiques de plus en plus croissants que la Chine s’octroie en Afrique. La puissance financière et commerciale chinoise a, certes, longtemps fait objet de négligences et de moqueries de la part des pays occidentaux. Aujourd’hui, elle s’affiche comme impressionnante plus que jamais. Parce que, la Chine se classe dorénavant parmi les principaux partenaires de poids des pays africains. Ceci, qu’il s’agit de fournir des aides au développement ou de fournir des investissements publics aux pays africains.

Par conséquent, les fonds prêtés aux pays africains par certaines banques chinoises comme la China EximBank sont tout simplement colossaux. Ces fonds concurrencent et même dépassent dans certains cas les prêts que le FMI et la Banque mondiale font aux pays africains. La Chine a plus que jamais étalé sa domination en Afrique. Les importations de biens provenant de la Chine vers l’Afrique représentent une preuve de cette domination. Les échanges commerciaux entre l’Afrique et la Chine s’estiment donc chaque année à des milliards de dollars.

La Chine, une population préjugée

La présence chinoise en Afrique ne peut en aucun cas satisfaire tout le monde. L’influence grandissante de la Chine dans les pays africains se retrouve souvent confrontée à des appréciations peu flatteuses qui ne tiennent compte ni des nuances ni des perspectives historiques. Comme exemple, les travailleurs chinois sont souvent accusés de ne pas vouloir s’intégrer à la société africaine. On les accuse de se limiter à leurs zones d’habitation et de ne privilégier que la fréquentation des restaurants chinois. Mais les Français, les anglais ou les américains n’ont font-ils pas autant ?Toutefois et à leur corps défendant, nous devons noter que les expatriés chinois sont pour la plupart, des gens qui viennent des villages et qui sont peu familiers à la culture africaine. Et pour la majorité d’entre eux, c’est leur première expérience hors de la Chine.

Par ailleurs, les occidentaux reprochent également à la Chine d’endetter l’Afrique. Ceci en mettant à la disposition des pays africains des fonds excessifs destinés à des projets qualifiés de “trop grande envergure”. En termes d’endettement et même en termes de pillage en Afrique, la France fait-elle mieux que la Chine ? Et pour la France, ce pillage a commencé bien avant les indépendances des pays africains.

La Chine, une nouvelle offre de liquidité

Malgré ces préjugés, la Chine demeure une source de liquidité pour l’Afrique, car la Chine a su offrir de nouvelles chances de financement à des pays africains dont les budgets ne le permettaient pas. En Afrique subsaharienne, recense AidData, la Chine a notamment financé un boulevard périphérique de 320 millions de dollars autour d’Addis-Abeba, une ligne ferroviaire à 3 milliards de dollars entre Addis-Abeba et le port balnéaire de Doraleh, à Djibouti, une autre ligne à 4 milliards de dollars entre Nairobi et le port de Mombasa ou encore une route à 600 millions de dollars entre Port-Gentil et Libreville, au Gabon. L’argent chinois coule à flots.

Mais la Chine n’a jamais songé à concurrencer les institutions financières internationales. Elle est plutôt allée dans le même sens que ces institutions en proposant de nouvelles offres de liquidités destinées à financer le développement. Les pays africains n’ont donc pas hésité à saisir cette fabuleuse opportunité offerte par la Chine. Grâce aux financements chinois, l’Éthiopie est devenue en seulement quelques années un hub de la réindustrialisation en Afrique. Le nouvel horizon de développement et d’émergence proposé par la Chine contribue énormément à ce développement économique africain. Mais il faut être conscient d’une chose, il y a un revers de la médaille lorsqu’on accepte ces investissements de la Chine.

Chinois, français, américains, russes ou autres, tous ont un même but : piller les ressources de l’Afrique. Ce dont nous assistons aujourd’hui, n’est autre qu’une guerre de communication car les pilleurs du passé doivent faire face à une nouvelle concurrence qu’est la Chine. Quoi de plus normal que de peindre cette Chine comme étant le diable. Certes, la méthode chinoise est très différente des méthodes « soft » des occidentaux, mais au moins la Chine, montre clairement son jeu.

L’Afrique a encore du chemin à parcourir. Mais les intérêts que la Chine porte aux états africains ont plus que jamais valorisé ce continent car cela va permettre aux occidentaux de traiter dorénavant l’Afrique avec un peu plus de considération sous peine de perdre du terrain et d’influence. Soyons toutefois lucides, la Chine, n’est pas une chance pour l’Afrique et les occidentaux n’ont plus. La présence chinoise en Afrique permet juste de corser le jeu.

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