Le sommet du G20 ne sera pas la vitrine attendue par l’Arabie saoudite

1er février 2021

Cette année, le sommet du G20 qui devait se dérouler en Arabie Saoudite se tiendra finalement par visioconférence. Le pays de Mohammed Ben Salmane ne pourra donc plus être la vitrine de l’évènement comme l’avaient espéré les autorités saoudiennes.

G20 en Arabie saoudite : une occasion manquée pour le prince héritier

C’était une évidence. Dans ce contexte de crise sanitaire mondiale, le G20 ne pouvait plus se tenir en présentiel, mais plutôt par visioconférence. La salle de presse prévue pour accueillir l’évènement à l’hôtel Crown Plaza de Riyad aurait dû être bondée de journalistes. Mais finalement, l’évènement virtuel ne sera couvert que par une poignée de journalistes soumis aux mesures de vérification, de température et muni de leurs masques. Les caméras ont tout simplement été orientées à l’ouverture du sommet, vers un écran géant où tous les dirigeants sont apparus dans une fenêtre.

La pandémie du Covid-19 a été au centre des discussions. Les sujets étaient orientés sur la relance de la croissance économique et la protection sanitaire. Ce G20 en Arabie Saoudite sera une plateforme de coordination des différentes réponses mondiales à la crise sanitaire qui sévit. Le gouvernement saoudien espérait également profiter de ce sommet pour redorer son image après l’affaire de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie Saoudite à Istanbul.

Selon le chercheur indépendant Nabeel Nowairah, le prince héritier espérait surtout profiter de cette occasion pour faire remarquer aux dirigeants des grandes puissances que la situation était sous contrôle. En effet, depuis quelques temps la rumeur court que le roi Salmane âgé de 84 ans et malade envisagerait d’abdiquer avant cette fin d’année.

Une restauration de la stature internationale de MBS

Malheureusement pour Ryad, les dirigeants des grandes puissances ne pourront plus être là en présentiel pour constater les multiples changements qu’a connus la capitale comme la construction du nouveau métro. Ils n’auront plus également l’occasion de découvrir les trésors archéologiques et les paysages de l’oasis d’Al Ula. Le G20 aurait dû être un évènement totalement inédit dans un pays arabe.

Le prince héritier comptait faire voir au monde toutes les transformations en cours qui allaient d’ailleurs être cristallisées par la visite des dirigeants. Les proches du régime estiment tout de même que le fait d’avoir déjà été désigné comme pays hôte constitue en soi une victoire diplomatique. Quant aux défenseurs des droits de l’homme, la perspective du sommet constituait également une occasion de se faire voir et de se faire entendre.

Dans ce contexte, le Parlement européen avait pris une résolution début octobre en demandant à l’Union européenne et à ses États membres de réduire leurs représentativités à l’évènement. Le but était de montrer leurs désaccords face à la violation des droits de l’homme encore d’actualité dans le pays. De leurs côtés, plusieurs députés américains ont sans succès demandé au gouvernement américain de boycotter l’évènement.

Ralentissement économique

Outre la question des droits de l’homme, le prince héritier Mohammed ben Salmane devra faire face à d’autres défis. Il s’agit entre autres du ralentissement des activités économiques et de la chute du prix du pétrole associé à la crise sanitaire. Cette situation a obligé le prince héritier à revoir sa politique de gestion et son plan ambitieux qui entend faire du tourisme un secteur plus rentable pour réduire la dépendance du royaume vis-à-vis du pétrole.

Malheureusement, la pandémie a fait arrêter le projet puisque le tourisme mondial a pris un gros coup. Le royaume a également fait une croix sur le pèlerinage à la Mecque et ses recettes. En attendant que les choses s’améliorent, le gouvernement a dû imposer aux populations des mesures fiscales afin de compenser le manque à gagner.

Sur le plan diplomatique également, les nouvelles ne sont pas bonnes. Avec l’élection de Joe Biden, le royaume a perdu un « ami » qui était aussi un grand allié dans la lutte qui était menée contre l’Iran. C’est avec peine que le roi Salmane et le prince héritier ont sobrement félicité Joe Biden sur tweeter. Il faut souligner que ce dernier dans sa campagne avait promis mettre le royaume dans la catégorie des États « Paria ».

Donald Trump de la partie

Le dernier évènement qui retient l’attention est la présence de Donald Trump à cette réunion du G20. Le président sortant des États-Unis a tenu à faire sa petite apparition avant d’aller faire une partie de golf. Il a d’ailleurs tenu à dire à ses homologues qu’il avait fait un bon travail au cours de son mandat sur le plan économique et face à la pandémie. Selon un des délégués, le président américain sortant aurait déclaré qu’il serait ravi de travailler avec « eux » à l’avenir pour une longue période.

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