Le décollage économique chinois suscite des craintes

27 janvier 2021 –

La pandémie du coronavirus semble avoir gagné considérablement du terrain en Europe, en Amérique et dans le reste du monde. Dans plusieurs pays, un deuxième confinement a été décrété. Mais la Chine, qui a été le point de départ de cette crise sanitaire, semble être passée à autre chose depuis son déconfinement. Après avoir stoppé la propagation du virus sur leur sol, les autorités chinoises se sont empressées de relancer l’économie du pays.

Le PIB chinois a connu dernièrement une augmentation de 4,9 % par rapport au dernier trimestre 2019. La Chine est ainsi devenue le seul pays dont l’économie se porte bien malgré la crise sanitaire mondiale. Cependant, cette croissance n’est pas du goût de tout le monde. Ainsi, parmi les concurrents directs du pays, la crainte et la méfiance augmentent au fur et à mesure que son économie grimpe.

La Chine : un combat gagné contre le coronavirus

La Chine a prouvé au monde qu’il est possible de rebondir après une crise majeure. La preuve est évidemment le PIB qui est monté de 4, 9 % par rapport à l’année 2019. Il ne faut pas occulter le fait que les Chinois ont sorti l’artillerie lourde pour faire face à l’épidémie. Celle-ci sévissait dans le pays entre décembre 2019 et avril 2020. L’exemple le plus flagrant est le test effectué par le gouvernement sur près de 10 millions de personnes dans la ville de Qingdao après qu’on y a signalé la présence de cas asymptomatiques. Les différentes actions menées ont fini par porter leurs fruits.

Aujourd’hui, en Chine, l’épidémie, c’est du passé. À peine dénombre-t-on 10 cas par jour sur près de 1,4 milliard d’habitants. Ainsi, juste après la levée du confinement, les Chinois se sont empressés de se remettre au travail avec plus de dynamisme. En quelques semaines, l’économie chinoise a retrouvé ses couleurs d’antan. Cette économie se porte désormais si bien qu’elle pourrait à elle seule représenter environ un tiers de la croissance mondiale à la fin de l’année 2020.

Une croissance surprenante en pleine crise mondiale

La stratégie employée par la Chine pour relancer son économie après le déconfinement est l’une des plus ingénieuses. La demande mondiale ayant baissé, les Chinois se sont tout simplement repliés sur leurs marchés intérieurs. Ainsi, des investissements publics importants ont été lancés dans plusieurs infrastructures comme les lignes de TGV et les autoroutes. Même le secteur du commerce en détail a bénéficié de cette croissance. Or, le secteur manufacturier, premier moteur de la croissance économique du pays, devrait être plus touché par la pandémie.

En effet, au Q3, les ventes de détail ne représentent pas moins de 0,9 % du taux de croissance. Comparé à 2019, le secteur automobile a par exemple enregistré une progression de 11,2 %. Ce qui lui fait une progression à deux chiffres consécutifs sur près de 5 mois. La bijouterie, la cosmétique, l’alcool et le tabac ont également bénéficié de la reprise des activités économiques. Cela justifie le grand nombre de mariages traditionnels célébrés dans le pays après le confinement. Quant aux ventes en ligne qui ont connu une explosion pendant le confinement, elles ont gardé leur croissance.

Un dernier signe de la croissance palpable de l’économie chinoise est l’état de son marché boursier. On peut noter par exemple une augmentation de près de 15 % du CSI 300. Les titres côtés de Shenzhen et de Shanghai ont dépassé, pour la première fois, les 10 trillions de dollars. Disons pour faire court que le marché financier chinois ne s’est jamais porté aussi bien.

Un décollage économique qui suscite des craintes

Beaucoup considèrent qu’une Chine trop puissante économiquement n’augure rien de bon. De plus, si elle prospère en pleine crise, alors que les États-Unis et le reste du monde sont en train de se débattre pour sauver leur économie, c’est encore pire. Ce regain de la puissance économique chinoise a suscité de la méfiance et plus de crainte de la part de ses concurrents Américains et Européens.

La conséquence de cette méfiance s’est traduite en quelques mois par plusieurs conflits d’intérêts qui n’ont pas cessé de s’accumuler depuis. On peut citer par exemple une augmentation de la méfiance à l’égard des entreprises liées au parti communiste chinois, les accrochages armés entre la Chine et l’Inde à la frontière indienne et la répression à Hong Kong et à Xinjiang.

Pour de nombreux pays, la Chine n’est plus considérée comme un partenaire, mais plutôt un adversaire qu’il faut à tout prix ralentir dans sa progression. Actuellement, la Chine n’a jamais été autant mal vue par le reste du monde. Cette situation a poussé pour la première fois la Commission européenne à qualifier le pays de « rival systématique ».

De leur côté, les dirigeants chinois ont bien compris ce qui se passe. De fait, pour essayer de calmer les ardeurs, le nouveau plan chinois pour les objectifs 2035 a été en quelque sorte modéré.

Finalement, la crise actuelle a permis à la Chine de prendre beaucoup d’avance sur les autres pays. Dans le même temps, ces derniers, les Occidentaux surtout, ont pris conscience de leur trop grande dépendance vis-à-vis du géant asiatique. Et des solutions sont en train d’être envisagées pour y remédier. Le monde se dirige peut-être vers un découplage global.

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