L’Afrique doit-elle développer sa culture entrepreneuriale ?

L’Afrique doit-elle développer sa culture entrepreneuriale ?

20 mai 2021

Selon les chiffres publiés récemment par la Banque mondiale, les jeunes représentent 60% de l’ensemble des chômeurs africains ; chiffres confirmés également par la Banque Africaine de Développement (BAD). Une des solutions pour faire baisser ce taux serait l’entreprenariat. C’est d’ailleurs ce que révèle la Standard Bank dans son rapport, The African Wealth Report 2020.  Le problème majeur qui se pose est celui d’un modèle typique de culture entrepreneuriale en Afrique. Un tel modèle n’existe-t-il pas déjà ? Si oui, est-elle de nature à relever les défis actuels liés au chômage et à la création de richesse ? Mais si elle n’existait pas, ne devrait-on pas l’instaurer ? Quelles pourront être les modalités d’un tel projet ? Autant que questions, auxquelles nous allons répondre.

L’Afrique possède sa propre culture entrepreneuriale

En Afrique, la plupart des entrepreneurs connus ne sont pas ceux qui ont reçu une formation formelle. Les succès entrepreneuriaux sont bien souvent le fruit de créateurs d’entreprise qui se sont lancés sans une formation spécifique en la matière. L’exemple de Dangoté, l’une des plus grandes fortunes africaines, est édifiant. Descendant d’une famille de commerçants, il a été initié à l’exercice d’une activité commerciale par son père qui l’a hérité aussi, de son père à lui. Ce ne serait pas exagéré que d’analyser que les africains naissent et grandissent entrepreneurs. De la bonne dame qui considère que vendre des condiments devant sa maison pourrait être un business rentable au boutiquier qui s’installe au coin de la rue voisine, les exemples sont multiples.

Les faiblesses de la culture entrepreneuriale africaine

La culture entrepreneuriale est un mode de valorisation du succès personnel par la promotion de la diversité et du changement. En Afrique, l’entreprenariat est moins formalisé. Y exercer une activité commerciale n’est pas subordonnée à la souscription obligatoire de formalités, pourtant prévues. Il s’agit, donc d’un modèle qui est centré sur un choix pour les activités informelles ; un manque à gagner inestimable pour l’État. Par ailleurs, le modèle entrepreneurial africain est guidé par l’improvisation, le mimétisme et vidé de toute évolution ou modernisation. En définitive, il s’agit d’un modèle vieillissant inadapté au monde actuel.

Il est indispensable de dynamiser l’esprit d’entreprise afin de lui donner les outils qui font défaut à son efficacité. Ce qui manque à l’Afrique, ce n’est pas la culture entrepreneuriale à proprement parler. Paul-André Fortin écrivait en 2002 que « le meilleur antidote à la pauvreté réside dans le développement d’une forte culture entrepreneuriale ». C’est donc de la force de cette culture entrepreneuriale que découlera la création de la richesse et l’éradication du chômage. Encadrer les entrepreneurs, les orienter et les accompagner sont les seuls outils avec lesquels, on pourrait bâtir cette culture.

Redynamiser la culture entrepreneuriale en Afrique

Une récente étude a révélé que les étudiants diplômés en entrepreneuriat sont plus entreprenants que les autres étudiants. Cela signifie que l’orientation entrepreneuriale dans les curricula de formation pourrait constituer un levier pour nombre de futurs de potentiels entrepreneurs.

Si le fait de suivre une formation à l’entrepreneuriat est susceptible de faire une différence, ne serait-il pas, alors valorisant que de généraliser l’expérience ? Il est une réalité que ceux qui sont formés et accompagnés réussiront mieux que les autres qui se contentent d’improviser. Pour résorber le taux de chômage et créer durablement de la richesse, les entreprises africaines se doivent d’être fortes. Inclure les cours sur l’entreprenariat dès les premières années du collège et mettre, au besoin en œuvre une pédagogie orientée vers le mentorat pourraient s’avérer efficaces pour cette formation professionnelle. C’est le lieu de doper ces futurs entrepreneurs des armes qui leur seront utiles plus tard. Mais il est à faire remarquer que la seule formation n’est pas suffisante.

Les Aides à la création d’entreprises pour les porteurs de projet, la préparation à l’installation, les allègements de l’administration fiscale sont quelques exemples d’accompagnement à mettre en place et à ériger en habitude, car « créer une entreprise n’est pas seulement un phénomène économique et social, c’est aussi une question socioculturelle, c’est-à-dire une disposition d’esprit, de culture, de valeurs, d’éducation, de structures sociales, d’attitudes et de comportement ».

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