Ils détestent leur travail mais ne veulent pas en changer

19 février 2021

Nombreux sont ceux qui rêvent de changer de travail. Mais, quelles que soient leurs motivations de départ, ils se sentent désormais totalement dépourvus. La pandémie planétaire les prive des espoirs sur lesquels ils auraient pu se reposer auparavant. Si changer d’emploi n’a jamais été simple, cela s’avère maintenant un pari risqué car, même en décrochant par miracle le poste convoité, rien ne paraît assurer la pérennité de cette réalisation.

Ce constat, les salariés le partagent sans honte et bien que la récession économique soit une explication, on peut se demander si elle est l’unique raison du maintien en poste. Dans une société qui promeut toujours davantage le bien-être professionnel et le développement personnel, pourquoi ces gens qui détestent leur travail ne veulent-ils pas en changer ?  Et comment mieux vivre cette ambivalence si vous êtes concerné ?

Rester dans sa zone de confort et éviter l’inconnu

Sans prendre en compte la crise actuelle qui ne fait qu’exacerber les multiples paramètres d’un changement de travail, la peur de l’inconnu représente le frein majeur pour une personne qui souhaite démissionner et tenter sa chance ailleurs. En effet, comme le dit le célèbre adage, on sait ce que l’on perd, pas ce que l’on gagne. Or, un nouvel emploi signifie renoncer à ses habitudes et, pire, à ses acquis. Une ancienneté qui offre de la reconnaissance, des avantages financiers difficilement conquis ou encore des largesses d’organisations et d’horaires représentent autant de sacrifices à faire si l’on veut quitter son entreprise.

Même si, dans les meilleurs cas, l’emploi rêvé est synonyme de progression hiérarchique ou d’augmentation de salaire, le nouvel embauché sait pertinemment qu’il devra faire une croix, au moins pendant un temps, sur ces petits conforts quotidiens durement obtenus. Dès son arrivée à son nouveau poste, il serait malvenu de partir plus tôt pour assister à la réunion scolaire du petit dernier. Il faudra aussi supporter de mettre son esprit d’indépendance en veille puisque de nouvelles règles et méthodes seront à acquérir.

L’investissement professionnel devra démontrer que le poste est mérité, d’où horaires à rallonges et acceptation de dossiers moins intéressants. Alors, face à toutes ces concessions encore floues, les salariés mécontents préfèrent encore savoir à quoi s’en tenir. Râler contre le chefaillon qui irrite les nerfs semble moins stressant que de ne pas connaître ses futurs collaborateurs. Et, comme rien n’est jamais parfait, autant demeurer dans un environnement maîtrisé.

Derrière ces peurs visibles, se tisse également la peur du pire scénario parce qu’au fond, rien ne protège de la mauvaise surprise. Entre période d’essai et pression économique, l’appréhension d’un drame ne s’est jamais autant justifiée. Le licenciement intègre désormais le paysage professionnel de façon plus prégnante. Qu’adviendra-t-il alors de la vie de famille, des charges et responsabilités ? Pour tous ces paramètres que le salarié ne peut prédire, le choix de rester à un poste détesté apparaît comme la meilleure solution. Mais, comment faire pour supporter cette situation ?

Adopter un nouveau point de vue

À défaut de changer de travail, offrez-vous une pause réflexive afin de prendre du recul. Ce sera votre cadeau de non-départ. Négociez avec vous-même : je fais l’effort de rester, en échange je m’octroie un moment de prise de conscience. Profitez de ce bonus de persévérance pour vous poser les bonnes questions.

Même s’il est acté que vous ne démissionnerez pas, votre envie de changer de travail repose bien sur des raisons. Lesquelles ? Listez-les avec attention. Est-ce une relation entre vous et votre patron qui est à l’origine de votre démotivation ? Y a-t-il un épuisement professionnel qui se signale au travers de votre désir de nouveauté ? Vos missions ont-elles évolué malgré vous ou, au contraire, souhaiteriez-vous élargir vos compétences ?

Bien souvent, pris dans le rythme quotidien ou par appréhension d’un refus, vous n’avez pas osé aborder ces sujets avec les interlocuteurs compétents. Avant de baisser définitivement les bras, pourquoi ne pas tenter de partager votre ressenti ? Une formation est peut-être possible. Un intermédiaire pourrait simplifier les tensions. Ou encore, une nouvelle collaboration pourrait briser la routine. Au pire, vous saurez à quoi vous en tenir et il est certain que cela ne pourra que démontrer votre intérêt pour votre poste. Un gage d’investissement qui suffirait à améliorer votre considération au sein de votre société.

Autre changement de point de vue dans l’air du temps, recentrez-vous sur l’essentiel. Vous l’avez constaté, les épreuves subies par toute une population ont tendance à bouleverser ses priorités. Qu’en est-il des vôtres ? Le travail occupe certes la majeure partie de vos journées mais n’y a-t-il pas un confort bien plus grand que vous ne l’estimez à connaître son travail sur le bout des doigts ?

Un nombre toujours croissant de salariés se contente d’un poste moyennement voire pas apprécié parce qu’il place ses priorités ailleurs. Le salaire fixe représente alors une sécurité qui pousse d’autres portes. Ce serait peut-être le moment de commencer une formation qui vous épanouirait afin d’être prêt dès le regain économique. Ou alors, un mantra quotidien à mettre en place afin de vous répéter que c’est grâce à ce poste moyen que vous profitez de moments privilégiés en famille. Tout est une question de point de vue, trouvez le vôtre !

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